Combien coûtent réellement les pommes de terre lituaniennes ?

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Pour de nombreux habitants, les premières pommes de terre lituaniennes constituent l'un des signes les plus marquants de l'arrivée de l'été. Certains les dégustent avec du beurre et du cresson, d’autres ne peuvent imaginer leur « šaltibarščiai » sans elles, tandis que d’autres encore prévoient déjà de préparer du kugel ou des galettes de pommes de terre. Cependant, il n’y a pas de réponse unique à la question de savoir combien coûtent cet été les pommes de terre lituaniennes de la nouvelle récolte : leur prix dépend du lieu de vente et du stade de préparation du produit.

Selon les données du Centre de données agricoles, entre le 15 et le 21 juin, les pommes de terre de la nouvelle récolte, non lavées et non emballées, vendues par les producteurs coûtaient en moyenne 0,78 euro le kilogramme. Au cours de la même période, le prix moyen d’un kilogramme de pommes de terre lituaniennes emballées dans les grandes chaînes de distribution s’élevait à 1,29 euro, tandis qu’au début du mois de juin, le prix demandé par les vendeurs sur les marchés s’élevait à environ 2,23 euros le kilogramme.

Bien que l’écart entre les prix puisse sembler important, une comparaison directe n’est pas pertinente. Les agriculteurs vendent généralement des pommes de terre non lavées et non emballées, tandis que les chaînes de distribution proposent aux acheteurs un produit déjà sélectionné, trié, emballé et livré. Sur les marchés, les ventes se font souvent en petites quantités, et au début de la saison précoce, les acheteurs sont prêts à payer plus cher pour la première récolte lituanienne.

Bien que la pomme de terre reste l’un des produits phares de la cuisine traditionnelle lituanienne, sa consommation a considérablement diminué au cours des deux dernières décennies. Alors qu’en 2004, un habitant de Lituanie consommait en moyenne 124 kilogrammes de pommes de terre par an, ce chiffre est tombé à 81 kilogrammes en 2024. En vingt ans, la consommation a diminué de plus d’un tiers. Les pommes de terre n’ont toutefois pas disparu du régime alimentaire des Lituaniens : en moyenne, chaque habitant consomme encore près de 7 kilogrammes de ce légume par mois.

Selon la Dre Irma Jankauskienė, responsable du département d’information sur les marchés et d’analyse économique du Centre de données agricoles, ces chiffres ne témoignent pas de la disparition de la pomme de terre de la cuisine, mais d’une évolution de son rôle. Selon cette spécialiste, les consommateurs disposent aujourd’hui d’un choix de produits alimentaires nettement plus large, mais la pomme de terre reste un produit très acheté et bien connu, ce qui fait que l’évolution de son prix devient en quelque sorte un baromètre des prix alimentaires quotidiens.

La situation de cette année se distingue par le fait que le prix perçu par les producteurs n’a pas changé, alors que les pommes de terre ont baissé de prix dans les chaînes de distribution. Du 15 au21 juin, le prix moyen des pommes de terre de la nouvelle récolte, non lavées et non emballées, vendues par les producteurs s’élevait à 0,78 euro le kilogramme – soit le même niveau qu’à la même période l’année dernière. Dans le même temps, le prix moyen des pommes de terre lituaniennes emballées dans les chaînes de distribution a baissé de près de 13 % – passant de 1,48 euro à 1,29 euro le kilogramme.

Le Dr Evaldas Stankevičius, économiste en chef au sein du département « Informations sur le marché et analyse économique » du Centre de données agricoles, souligne que les prix à la production et au consommateur final n’évoluent pas toujours dans le même sens. Selon lui, le prix de détail n’est pas uniquement déterminé par la valeur de la matière première, mais aussi par les décisions relatives à la logistique, au tri, au conditionnement, au stockage et à la chaîne de distribution, c’est pourquoi on ne peut pas déduire, à partir de la seule variation du prix en magasin, que les revenus des agriculteurs connaissent une évolution de même ampleur.

Les écarts de prix sont déterminés par l’ensemble du parcours du produit, du champ jusqu’à l’acheteur. Pour que les pommes de terre parviennent dans les rayons des supermarchés, elles doivent être sélectionnées, triées, emballées et transportées. Les coûts de stockage, de commercialisation et les éventuelles pertes contribuent au prix final. Sur les marchés, les principes de fixation des prix sont différents : on y fixe le plus souvent le prix initial demandé par les vendeurs, et les ventes s’effectuent en plus petites quantités, souvent dans des conditions d’offre limitée.

La récolte précoce des pommes de terre nécessite également des investissements plus importants. Afin de pouvoir mettre la production sur le marché dès le début de l’été, il faut planter les pommes de terre plus tôt, les protéger des gelées printanières et, si nécessaire, les arroser davantage. La récolte précoce n’étant pas encore abondante, les coûts de culture et de récolte par kilogramme de production sont plus élevés. Le prix est influencé par les coûts des engrais, du carburant, de la main-d’œuvre, de l’irrigation ainsi que par les conditions météorologiques. Le gel, la sécheresse ou des précipitations abondantes peuvent réduire considérablement le rendement et affecter la situation du marché.

Les données de 2026 confirment qu’il n’existe pas de prix unique pour les pommes de terre lituaniennes. Au cours de l’année, les prix ont évolué de manière inégale selon les différents canaux de distribution : ils ont baissé dans les chaînes de distribution, sont restés stables chez les producteurs et n’ont pratiquement pas changé sur les marchés. Par conséquent, pour évaluer le prix d’une pomme de terre lituanienne de la nouvelle récolte, il est important de tenir compte de l’étape de la chaîne d’approvisionnement à laquelle ce prix est mesuré : à la ferme, sur les rayons d’un supermarché ou sur l’étal d’un marché. Ces différences reflètent non seulement la valeur du produit lui-même, mais aussi l’ensemble des coûts et services supplémentaires qui déterminent le prix final pour le consommateur.

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