Les pluies, la grêle et la pénurie de main-d'œuvre saisonnière vont réduire la récolte de légumes lituaniens
Les pluies et la grêle de ces derniers jours ont eu des répercussions variables sur les maraîchers des différentes régions de Lituanie. Dans certaines régions, ce sont les précipitations abondantes qui ont causé les pertes les plus importantes, tandis que dans d’autres, c’est la grêle ; l’ampleur des pertes varie donc considérablement selon les exploitations et les localités. Cependant, dans toute la Lituanie, les producteurs sont également confrontés à un autre problème grave : la pénurie de main-d’œuvre saisonnière, qui aggrave encore davantage les pertes de récolte potentielles.
Sur l’exploitation de Virgilijus Kuprevičius, agriculteur du district de Kėdainiai, les pluies abondantes n’ont pour l’instant pas causé de pertes directes importantes. Toutefois, l’humidité persistante et le réchauffement soudain de l’air ont créé des conditions particulièrement propices à la propagation des maladies des plantes. La pourriture se propage déjà dans les cultures de choux, tandis que les carottes sont touchées par des maladies fongiques. Afin de préserver la plus grande partie possible de leur récolte, les agriculteurs seront contraints de réagir rapidement et d’utiliser davantage de produits phytosanitaires. Cela entraînera inévitablement une augmentation du coût de production.
Sur l’exploitation d’Algimantas Vaupšas, agriculteur du district de Kelmė, les conséquences des pluies sont déjà visibles : en raison de l’engorgement des sols, environ 2 ha de choux, 3 ha de pommes de terre et 5 ha de betteraves ont été détruits. Bien que les pertes globales ne soient pas encore critiques, une partie de la récolte de cette année est déjà perdue.
Julius Šateika, agriculteur du district de Šiauliai, a lui aussi subi d’importantes pertes. En sept jours, plus de 70 mm de précipitations sont tombés sur son exploitation, et les cultures ont en outre été ravagées par la grêle. Celle-ci a endommagé environ 58 ha d’oignons – il ne reste pratiquement plus de feuilles saines. Les lésions favorisent la propagation rapide de maladies ; les oignons se développent et mûrissent plus lentement, ce qui laisse présager une récolte moins abondante. Il est encore trop tôt pour évaluer l’ampleur exacte des pertes, mais il est d’ores et déjà clair que les conséquences de la grêle seront importantes.
La situation est encore plus grave dans l’exploitation de Vincent Lataitis, agriculteur du district de Joniškis. La grêle a complètement détruit environ 45 ha de feuillage d’oignons. À l’heure actuelle, on ne sait pas encore si les plantes parviendront à repousser leur feuillage et à produire une récolte de qualité ; les pertes définitives ne pourront donc être évaluées qu’avant ou après la récolte. Il est toutefois d’ores et déjà évident qu’une partie de la récolte d’oignons risque d’être perdue.
Mais les défis de cette année ne se limitent pas aux seules catastrophes naturelles. Les maraîchers de toute la Lituanie sont également confrontés à une pénurie particulièrement importante de main-d’œuvre saisonnière. La situation est particulièrement difficile dans les exploitations biologiques, où une grande partie du travail est effectuée à la main – en raison du manque de main-d’œuvre, les travaux de désherbage prennent du retard et, une fois la récolte commencée, le risque est de ne pas parvenir à ramasser à temps la production cultivée.
Selon les résultats d’une enquête menée auprès de ses membres par l’Association lituanienne des producteurs de légumes (LDAA), chaque exploitation manque en moyenne d’environ 10 à 15 travailleurs saisonniers cette saison. Le pic de la demande en travailleurs saisonniers ne fait que commencer, et la situation pourrait donc se compliquer encore davantage au cours des prochains mois.
Simona Marmienė, directrice de l’Association lituanienne des producteurs de légumes, explique que cette année, les producteurs de légumes doivent faire face à plusieurs coups durs à la fois.
« La situation de cette année est exceptionnelle dans la mesure où les agriculteurs doivent faire face à la fois à des conditions météorologiques extrêmes et à une pénurie critique de main-d’œuvre saisonnière. Les pluies torrentielles et la grêle ont déjà causé d’importants dégâts à une partie des exploitations, et là où les cultures ont survécu, les maladies se propagent rapidement en raison de l’excès d’humidité. Dans le même temps, de nombreuses exploitations ne disposent pas de main-d’œuvre suffisante pour les travaux de désherbage et de récolte. Nous estimons que la pénurie de main-d’œuvre saisonnière pourrait à elle seule entraîner cette année une perte de plus de 15 % de la production lituane de légumes ; si l’on ajoute à cela les dégâts causés par les phénomènes naturels, la baisse globale de la récolte sera encore plus importante. Nous ne pourrons évaluer l’ampleur exacte des pertes qu’à la fin de la saison, mais il est d’ores et déjà évident que les consommateurs pourraient se voir proposer une quantité nettement moindre de légumes lituaniens cette année.“
La présidente de la Chambre d’agriculture, Algimanta Pabedinskienė, souligne que la situation de cette année a une nouvelle fois démontré la nécessité de renforcer la résilience du secteur agricole.
« Nous constatons aujourd’hui que les agriculteurs doivent faire face non pas à un seul, mais à plusieurs défis à la fois : des phénomènes météorologiques extrêmes, la propagation des maladies des végétaux et une pénurie de main-d’œuvre saisonnière de plus en plus aiguë. Ces situations montrent que l’État doit accorder davantage d’attention aux mesures de gestion des risques, accélérer la modernisation des infrastructures de drainage et rechercher des solutions qui aideraient les exploitations agricoles à s’assurer la main-d’œuvre nécessaire. Il en va non seulement de la compétitivité des exploitations agricoles, mais aussi de la possibilité pour la population lituanienne de se procurer des légumes lituaniens de qualité. C’est pourquoi une coopération étroite entre les institutions publiques, les organisations autonomes d’agriculteurs et les agriculteurs eux-mêmes est indispensable pour garantir la résilience et la compétitivité de la production alimentaire du pays“, – déclare Algimanta Pabedinskienė, présidente de la Chambre d’agriculture.
Selon l’Association lituanienne des producteurs de légumes, cette saison a une nouvelle fois démontré que les phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique et la pénurie croissante de main-d’œuvre constituent des défis à long terme pour le secteur maraîcher lituanien. Cela se traduit non seulement par une baisse des revenus des exploitations, mais aussi par une diminution de l’offre de légumes lituaniens sur le marché et par une augmentation de leur coût de production.
Que doivent savoir les agriculteurs ?
Si votre exploitation a subi des pertes en raison de pluies excessives ou s’il devient impossible de respecter vos engagements dans les délais impartis, le plus important est de ne pas tarder et de consigner la situation.
Premières démarches pour les agriculteurs
Il est tout d’abord recommandé :
• de contacter l’Agence nationale de paiement (NMA) et de l’informer des circonstances ;
• consigner les dégâts subis – prendre des photos, rassembler d’autres preuves ;
• s’adresser à sa commune afin que les dégâts subis soient évalués et consignés.
Si les données recueillies par les communes révèlent une ampleur importante des dégâts, celles-ci peuvent déclarer l’état d’urgence au niveau communal. Si le phénomène prend une ampleur considérable, la déclaration d’une situation d’urgence au niveau national pourra également être envisagée.
Si la situation d’urgence n’a pas encore été déclarée
Il est important de savoir que même en l’absence de déclaration d’état d’urgence, les agriculteurs ne perdent pas le droit de s’adresser à l’Agence nationale pour l’agriculture (NMA).
Si, en raison de conditions météorologiques défavorables, vous ne pouvez pas respecter dans les délais vos obligations liées à l’aide ou d’autres exigences pour lesquelles la législation ne prévoit pas d’exceptions automatiques, vous devez vous adresser à la NMA dans un délai de 15 jours ouvrables à compter de la date à laquelle vous avez pris connaissance ou auriez pu prendre connaissance des circonstances survenues.
Les demandeurs ne perdent pas leur droit à l'aide s'ils n'ont pas respecté leurs obligations en raison d'un cas de force majeure reconnu ou de circonstances exceptionnelles. Dans ce cas, il est nécessaire de fournir des documents justifiant l’impossibilité de respecter ces obligations.
La demande doit être envoyée par e-mail à l’adresse dokumentai@nma.lt, et il est recommandé de transmettre les photos via l’application mobile « NMA agro ». Chaque situation est évaluée au cas par cas.
Il est également important de savoir que les demandeurs peuvent, jusqu’au 15 septembre, renoncer à l’aide pour une parcelle déclarée s’ils ne sont plus en mesure, pour des raisons objectives, de respecter leurs obligations. Cette possibilité ne s’applique pas dans les cas où la NMA a déjà informé le demandeur d’un contrôle prévu, a signalé des erreurs dans la demande, a demandé la présentation de documents supplémentaires ou a déjà constaté des infractions lors du contrôle.
Que faire en cas de déclaration d’une situation d’urgence au niveau national ?
En cas de déclaration d’une situation d’urgence au niveau national, les exploitants agricoles ayant subi des dommages ont le droit de s’adresser à l’administration communale afin d’obtenir une évaluation des dommages subis et l’octroi d’une aide de l’État. La commune organise l’évaluation des dommages, met en place une commission chargée d’inspecter les cultures sinistrées et détermine l’ampleur des dommages.
Il est également recommandé de rassembler dès que possible toutes les preuves — photos, vidéos, documents — attestant des dommages subis et de leur ampleur. Cela peut s’avérer particulièrement important tant pour évaluer le droit à l’aide que pour statuer sur d’éventuelles indemnités.
Si, en raison des pluies, vous ne pouvez pas honorer d’autres engagements
Si, en raison d’un cas de force majeure, vous ne pouvez pas honorer vos engagements envers les banques, les acheteurs de vos produits ou d’autres créanciers, il est recommandé de les informer immédiatement de la situation et de rechercher des solutions concernant la prolongation des délais ou d’autres accords possibles.
Si nécessaire, vous pouvez vous adresser aux Chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat régionales afin d’obtenir une attestation confirmant les circonstances de force majeure. L’État prend en charge les frais liés à la délivrance de ces attestations (jusqu’à 200 euros) ; une fois l’attestation obtenue, la demande doit être déposée auprès de l’Agence nationale pour l’agriculture (NMA) dans un délai d’un mois.
L’essentiel est de ne pas attendre que la situation s’aggrave davantage. En informant en temps utile l’Agence nationale pour l’agriculture (NMA) et la commune, et en rassemblant les preuves nécessaires, il est possible de préserver son droit à l’aide, d’éviter les sanctions et de créer les conditions nécessaires à l’évaluation ultérieure des pertes subies.