Après la fuite d'une éventuelle enquête – des questions sur la culture de communication du ministère de l'Agriculture
La semaine dernière, le portail « Delfi » a annoncé que, suite à une demande d’informations adressée par le ministère de l’Agriculture (ŽŪM) concernant la maire du district de Širvintos, Živilė Pinskuvienė, et son mari, le contenu de cette demande a par la suite été porté à la connaissance de la politicienne elle-même. La situation qui en résulte soulève de nombreuses questions, non seulement sur ce cas particulier, mais aussi sur les relations entre les institutions publiques et les médias en général. Ce n’est pas la première fois que le ŽŪM se retrouve au centre de problèmes de communication.
Le ministère a échangé avec les employés ayant eu connaissance de la demande
Le ministère de l'Agriculture a indiqué qu'en raison du risque de divulgation d'informations sur la demande à des tiers, des discussions avaient eu lieu avec tous les employés ayant participé à l'examen de cette question, y compris les employés du Centre de données agricoles (ŽŪDC).
Le ministère a informé « Agrobitė » que 11 employés avaient eu accès à la demande. Interrogé sur l’existence d’une procédure interne spécifique régissant la confidentialité des demandes des journalistes, le ministère a indiqué qu’il se conformait à la réglementation juridique générale ainsi qu’aux principes régissant l’activité et l’éthique professionnelle des fonctionnaires.
Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture a confirmé que le ministre de l’Agriculture, Andrius Palionis, avait été informé de la situation.
De son côté, le Centre de développement agricole (ŽŪDC), également mentionné dans le débat public, a assuré à « Agrobitė » que la demande avait été adressée au ministère et que, du côté du centre, un seul employé en avait pris connaissance.
Conseiller de la Première ministre : une telle situation serait jugée négativement
Ignas Algirdas Dobrovolskas, conseiller de la Première ministre Inga Ruginienė, a déclaré que si l’information concernant la demande du journaliste avait effectivement été divulguée avant qu’une réponse n’y soit apportée, cela serait jugé négativement.
„Si les informations concernant la demande du journaliste ont été divulguées avant qu’une réponse n’y soit apportée, cela serait jugé négativement. Toutefois, seul le ministère de l’Agriculture peut clarifier les circonstances factuelles“, – a-t-il déclaré.
VTEK : le simple fait d’appartenir au même parti ne constitue pas un conflit d’intérêts
La Commission suprême d’éthique professionnelle (VTEK) a souligné que le risque de conflit d’intérêts est généralement évalué lorsqu’il existe une subordination directe, des intérêts personnels ou patrimoniaux, ou un intérêt concret dans le résultat d’une décision. La Commission a souligné que le simple fait d’appartenir au même parti politique n’implique pas en soi un conflit d’intérêts.
Selon la VTEK, le fait que le ministre de l’Agriculture et les personnes susmentionnées aient précédemment travaillé au sein d’une même équipe politique ne constitue pas un risque suffisant de conflit d’intérêts.
« La VTEK décide d’ouvrir une enquête lorsqu’il existe suffisamment d’éléments indiquant une violation potentielle des règles de conciliation des intérêts publics et privés. Le simple fait que des informations relatives à une collaboration passée au sein d’une équipe politique aient été rendues publiques, en l’absence de données concrètes sur l’existence d’un lien privé actuel, ne constitue généralement pas un motif suffisant pour ouvrir une enquête“ – a indiqué la VTEK dans un commentaire.
Syndicat des journalistes : il s’agit avant tout d’une question d’éthique
Audrys Antanaitis, président de l’Union des journalistes lituaniens (LŽS), affirme que de telles situations soulèvent avant tout des questions d’éthique professionnelle. Selon lui, bien que les demandes des journalistes ne constituent pas un secret d’État, certains principes de confidentialité et d’éthique professionnelle devraient s’appliquer au sein des institutions.
« La divulgation de questions ou de demandes à des tiers sur lesquels des informations sont recueillies est pour le moins contraire à l’éthique. Ce n’est pas un secret d’État, mais il existe certains principes d’éthique professionnelle et de confidentialité qui devraient être respectés“
Il a souligné que l’Union des journalistes lituaniens intervient généralement dans de tels cas lorsque ce sont les rédactions elles-mêmes qui font appel à elle pour défendre leurs droits. Toutefois, selon A. Antanaitis, de telles affaires ne devraient pas dissuader les journalistes de mener des enquêtes.
« Au contraire, elles devraient inciter les journalistes à travailler avec encore plus de détermination et à chercher des réponses aux questions importantes pour la société », a déclaré le président de l’Union des journalistes lituaniens.
STT : il faudrait d’abord considérer cela comme une éventuelle faute professionnelle
Le Service des enquêtes spéciales (STT) a souligné que les situations de ce type seraient avant tout évaluées sous l’angle de la responsabilité administrative et non pénale.
« Les agissements des employés du ministère de l’Agriculture, qui auraient transmis des informations sur les demandes des journalistes à des tiers, pourraient être considérés comme un manquement à leurs obligations », a indiqué le STT. L’Agence souligne également que l’inexécution ou l’exécution incorrecte des fonctions est généralement considérée comme une faute administrative ou disciplinaire, à moins que la gravité de l’acte ne soit suffisante pour engager la responsabilité pénale.
« Le droit d’infliger des sanctions administratives ou disciplinaires et de statuer sur leur bien-fondé relève de la compétence exclusive de l’employeur », a souligné l’agence.
Des questions concernant la communication avaient déjà été soulevées auparavant
Le débat sur la communication du ministère de l’Agriculture avec les médias n’est pas nouveau. À la fin de l’année dernière, « Agrobitė », alors qu’elle préparait un article et avait posé des questions concrètes au ministère, a reçu en guise de réponse un communiqué de presse rédigé par l’institution.
Selon la rédaction, une partie des questions posées est restée sans réponse. Bien que ce cas ne soit pas directement lié à l’affaire actuellement débattue publiquement, il attire également l’attention sur la culture de communication des institutions publiques.
Les demandes des journalistes ne sont pas une simple formalité – elles constituent un moyen pour le public d'obtenir des informations sur des questions d'intérêt public. Il est donc important non seulement que les institutions respectent les exigences légales, mais aussi qu’elles se conforment aux principes d’éthique professionnelle et de coopération ouverte avec les médias.