Il convient d'envisager en priorité l'élevage des veaux en plein air

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Lors de la planification de nouveaux espaces destinés aux veaux nourris au lait, je recommande tout d'abord d'envisager des abris extérieurs, des abris collectifs et d'autres structures ouvertes et simples. Bien situés, ils peuvent garantir une bonne qualité de l'air tout en nécessitant un investissement initial moindre. Il vaut mieux opter pour un bâtiment plus coûteux lorsque ses avantages supplémentaires sont clairement identifiés pour une exploitation donnée.

Ce choix commence par le lieu de repos du veau. Il faut évaluer si l’air frais y parviendra même par temps calme, si la protection contre le vent n’entravera pas la circulation de l’air, et si l’abreuvement et le changement de litière resteront pratiques par temps de pluie ou de froid.

Le contrôle de l’ammoniac commence au niveau de la litière

L’ammoniac irrite les muqueuses des voies respiratoires, et le veau passe beaucoup plus de temps près de la source de pollution que l’employé qui inspecte l’étable. C’est pourquoi l’évaluation de la qualité de l’air depuis le couloir peut être trompeuse. Une étude menée dans des exploitations belges a montré qu’une exposition prolongée à un environnement où la concentration d’ammoniac dépassait 4 ppm était associée à une fréquence accrue de lésions pulmonaires détectées par échographie. Ce chiffre ne constitue pas un seuil de sécurité universel, mais il montre pourquoi il ne suffit pas d’attendre de sentir une odeur âcre.

La circulation de l’air et la source de pollution doivent être gérées conjointement. Une litière humide, saturée d’urine et de matières fécales, augmente les émissions d’ammoniac ; une simple couche supplémentaire de paille ne remplace pas son élimination. Les recommandations de l’université du Wisconsin établissent à juste titre un lien entre une bonne qualité de l’air, une litière sèche et une ventilation suffisante. En cas de doute, il est conseillé de mesurer la concentration d’ammoniac dans la zone de respiration des veaux dans plusieurs enclos, y compris ceux qui sont le moins bien ventilés. Ces mesures permettent de déterminer s’il faut d’abord modifier la gestion de la litière, ouvrir une voie d’aération ou corriger les deux aspects.

L’avantage des systèmes en plein air doit être préservé par la conception

La force du système en plein air réside dans la possibilité pour l’air frais d’atteindre directement les veaux élevés. Le guide d’élevage des veaux de Teagasc recommande les abris et les hangars en plein air pour la prévention des maladies respiratoires. Les résultats d’essais confirment cette tendance : les veaux élevés en bâtiment ont plus souvent nécessité un traitement répété pour des maladies respiratoires. Dans le même essai, les veaux élevés en plein air ont présenté plus souvent des troubles digestifs.

Cependant, il est facile de perdre cette bonne aération en fermant les ouvertures de l’abri « pour qu’il fasse plus chaud ». L’emplacement de l’abri, son toit et la barrière autour de la zone de repos doivent protéger du vent direct et des précipitations, tout en permettant à l’air de circuler. Un sol humide et des ouvertures fermées dans l’abri extérieur peuvent créer le même problème que celui que l’on cherche à éviter en sortant de l’étable. C’est pourquoi l’aire d’élevage, le drainage et la disposition des abris font partie intégrante du système.

En hiver, il est indispensable de maintenir une litière sèche et abondante et de couvrir les besoins énergétiques accrus par l’alimentation. En été, il faut tenir compte de la surchauffe des abris et du besoin d’ombre : les mesures du microclimat réalisées dans différents systèmes d’élevage montrent que les abris et les structures en plastique peuvent se réchauffer davantage que les étables. Je n’opterais pour une solution en plein air que si l’on sait clairement comment elle sera gérée et comment un microclimat adéquat sera maintenu au cours des deux saisons. L’élevage en plein air ne se résume pas nécessairement à des abris individuels. Lors de la conception, il convient également d’envisager un élevage par paires ou en petits groupes stables, afin de garantir les contacts sociaux entre les veaux. (EFSA, 2023)

Quand la ventilation supplémentaire a-t-elle une finalité claire ?

Pour résoudre les problèmes de ventilation dans une étable existante, une ventilation d’appoint peut constituer un investissement judicieux. Les jeunes veaux dégagent peu de chaleur ; par conséquent, par temps calme, le tirage naturel de l’air peut s’avérer insuffisant. Si l’air frais n’atteint pas certaines parties des enclos, un conduit perforé à pression positive, correctement conçu, peut le répartir aux endroits nécessaires sans provoquer de courants d’air dans la zone de repos. Un ventilateur soufflant simplement le long des stalles ne garantit pas un tel résultat.

Il est donc important de déterminer quelle lacune l'équipement permettra de combler. Dans une exploitation, il sera rentable d’améliorer le bâtiment existant, tandis que dans une autre, il sera préférable d’aménager de nouveaux espaces à l’extérieur. La ventilation mécanique apporte également de l’air frais ; son intérêt réside dans le fait de savoir si, dans un bâtiment donné, l’apport d’air devient plus fiable et si cet avantage justifie les coûts.

Calculons l’ensemble de l’espace d’élevage et la main-d’œuvre

Le prix d’achat d’un abri ne reflète pas à lui seul le coût d’exploitation d’un espace dédié aux veaux. À cela s’ajoutent les fondations, le drainage, les enclos, l’eau, le matériel d’abreuvement et l’accès. Cela ressort clairement de la comparaison des devis des systèmes britanniques réalisée par l’AHDB en 2021 : en tenant compte des fondations en béton et du drainage, l’emplacement d’un abri individuel s’est avéré plus coûteux que celui d’un abri à veaux équipé d’un conduit à pression positive, tandis que certains abris collectifs étaient moins chers. L’échelle et l’équipement variaient, c’est pourquoi ces estimations servent avant tout d’indication pour comparer l’ensemble du système. Elles ne peuvent pas être utilisées pour remplacer les prix lituaniens.

Le travail quotidien peut modifier encore davantage l’évaluation de l’investissement. Dans une comparaison de systèmes réalisée en Irlande, la surveillance des groupes en élevage au sol a nécessité 55 secondes à l’intérieur et 87 secondes à l’extérieur par veau et par jour, sans compter le nettoyage des enclos. Aucune différence en matière de santé n’a été constatée dans cet essai. La disposition des systèmes et la taille des groupes variaient, mais la tendance est importante pour l’exploitation : les économies de capital peuvent être contrebalancées par la distribution quotidienne du lait, des trajets plus longs et davantage de travail manuel.

C’est pourquoi je propose de concevoir la variante en plein air en tenant compte du déroulement des opérations. Le projet doit prévoir où le lait sera préparé, comment il sera acheminé jusqu’aux veaux, comment la litière sera évacuée et comment l’eau sera fournie en période de gel. Les abris collectifs peuvent contribuer à raccourcir le parcours d’intervention, mais cette possibilité doit être vérifiée sur le plan. Il est judicieux de calculer les coûts annuels de main-d’œuvre, de litière, d’alimentation et d’entretien par veau élevé, en tenant compte également du taux d’occupation des places. La réduction probable des frais médicaux ne doit pas être considérée d’emblée comme une économie garantie.

La séquence d’investissements que je propose est claire : choisissons d’abord une option de système en plein air ou d’abri ouvert, puis comparons-la à un bâtiment, en conservant le même nombre de veaux et le même volume de travail. Si la solution simple garantit un bon climat, une litière sèche et un niveau acceptable de coûts de main-d’œuvre, le faible besoin en capitaux constitue un argument de poids en sa faveur. Si cela s’avère impossible, nous aurons alors une raison concrète d’investir davantage.

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