Le ministère de l'Agriculture renforce les critères définissant un agriculteur en activité. Les nouvelles exigences concerneront plus de 18 000 têtes.

Naujasis žemės ūkio ministras Kęstutis Mažeika žadėjo mažinti administracinę naštą, tačiau jau sulaukia iš kai kurių organizacijų kritikos.

Les modifications du plan stratégique proposées par le ministère lituanien de l'Agriculture (ŽŪM) ont suscité de vives critiques de la part d'une partie des organisations d'agriculteurs. Ce sont surtout les propositions visant à durcir les critères définissant un agriculteur actif, à accorder des priorités supplémentaires au secteur laitier et à modifier le modèle d’aide à la reprise d’exploitation qui ont suscité le plus de débats.

Les représentants de l'Association lituanienne des exploitations agricoles biologiques ont déclaré publiquement que le ministère s'éloignait de ses promesses de réduire la charge administrative, et que certaines propositions porteraient particulièrement préjudice aux petites exploitations. « Agrobite.lt » s’est adressé au ministère de l’Agriculture pour lui demander d’expliquer sur quoi reposent les modifications proposées.

Le ministère affirme que ces changements n’ont pas pour but d’alourdir la charge des agriculteurs, mais reconnaît toutefois ne pas disposer de données sur le nombre total d’agriculteurs dits « de salon » en Lituanie.

Les nouvelles exigences concerneraient 18 000 exploitations

C’est la proposition visant à abaisser le seuil de reconnaissance automatique du statut d’agriculteur actif de 2 000 à 1 000 euros de paiements directs qui a suscité le plus de débats. Selon les estimations du ministère, cela concernerait environ 18 000 demandeurs, soit environ 16 % de l'ensemble des déclarants. Le ministère de l’Agriculture assure toutefois que cela ne devrait pas entraîner de charge administrative supplémentaire.

« La proposition n’instaurera pas de nouvelles procédures pour les demandeurs exerçant effectivement une activité agricole ; elle vise uniquement à élargir la portée de l’évaluation des agriculteurs actifs déjà en vigueur et à renforcer la pertinence de l’octroi des aides », – affirme le ministère.

Selon lui, les critères d’« agriculteur actif » sont d’ores et déjà vérifiés à l’aide des données issues des registres nationaux ; il ne sera donc pas nécessaire de fournir des documents supplémentaires.

Combien y a-t-il d’agriculteurs « de salon » ? Le ministère n’a pas de réponse

L’un des principaux arguments en faveur du durcissement des critères d’« agriculteur actif » est la volonté de distinguer plus précisément les personnes qui exercent réellement une activité agricole des agriculteurs dits « de salon » . Cependant, interrogé sur le nombre actuel de ces exploitations en Lituanie, le ministère de l’Agriculture n’a pas fourni de réponse concrète.

« À l’heure actuelle, il n’existe pas de données objectives permettant d’évaluer avec précision le nombre de ces agriculteurs dits « de salon » », précise le ministère de l’Agriculture.

Le ministère a indiqué qu’il prévoyait seulement à présent de mener une enquête auprès des communes, des cantons et des organisations d’agriculteurs, ce qui devrait permettre d’évaluer l’ampleur du problème.

Par ailleurs, le ministère souligne que la taille de l'exploitation ne sera pas à elle seule considérée comme un critère permettant de considérer un demandeur comme inactif.

« L’essentiel est d’évaluer l’exercice effectif de l’activité agricole, et non la taille de l’exploitation », affirme le ministère.

Pourquoi la priorité est-elle donnée uniquement aux exploitations laitières ?

Un autre sujet de débat : la nouvelle mesure intitulée « Coopération en matière de reprise d’exploitations ».

Dans le cadre de cette mesure, des points de sélection supplémentaires sont prévus uniquement pour les exploitations laitières.

Le ministère explique que cette décision a été prise en raison de la situation particulièrement complexe du secteur laitier.

Selon les données officielles, entre 2015 et 2024, le nombre de troupeaux de vaches laitières en Lituanie est passé de 58 700 à 17 900, et celui des producteurs laitiers est passé de 27 800 à 9 850.

Selon le ministère de l’Agriculture, ces chiffres témoignent d’un déclin à long terme du secteur ; il est donc indispensable d’encourager la transmission des exploitations laitières à la jeune génération. Selon le ministère, c’est précisément pour cette raison que les exploitations laitières bénéficient d’une priorité supplémentaire.

Il souligne toutefois qu’il ne s’agit pas d’une condition pour bénéficier d’une aide : « La mesure est destinée à la reprise d’exploitations d’élevage ; par conséquent, les projets de reprise d’exploitations d’autres secteurs de l’élevage pourront également bénéficier d’une aide. » 

La relève générationnelle ne se limite pas à la création de nouvelles exploitations

Le fait que cette nouvelle mesure puisse être utilisée non seulement par les personnes qui se lancent dans l’agriculture, mais aussi par les jeunes agriculteurs déjà en activité a également suscité des critiques. L’Association lituanienne des exploitations agricoles biologiques a souligné que « si l’aide est accordée à des jeunes agriculteurs déjà en activité, elle perd tout son sens – car cela n’entraînera ni la création de nouveaux agriculteurs ni celle de nouvelles exploitations ; il n’y aura pas davantage de jeunes agriculteurs, mais les exploitations existantes ne feront que s’agrandir et bénéficieront d’un soutien encore plus important.“

Le ministère ne partage pas cette analyse. Selon lui, l’objectif principal n’est pas de créer le plus grand nombre possible de nouvelles exploitations.

« L’un des principaux objectifs de cette mesure est d’éviter qu’une exploitation viable ne soit démantelée, vendue par morceaux ou ne cesse purement et simplement ses activités après le départ d’un agriculteur plus âgé », – explique le ministère, qui ajoute que l’essentiel est de préserver le potentiel de production déjà mis en place par les exploitations et de le transmettre à la jeune génération.

Pourquoi une aide supplémentaire réservée aux éleveurs laitiers ?

Le ministère a également été interrogé sur le dispositif de compensation proposé, d’un montant de près de 20 millions d’euros. Selon ce dispositif, une aide supplémentaire serait versée aux exploitations élevant des vaches laitières, mais aucune aide similaire n’est prévue pour les exploitations des autres secteurs de l’élevage.

Le ministère de l’Agriculture explique que les propriétaires de toutes les exploitations d’élevage recevront une aide en fonction des superficies déclarées. Le versement d’une aide supplémentaire aux exploitations laitières a été décidé en raison de la baisse des prix d’achat du lait.

« Les prix d’achat du lait baissent considérablement depuis octobre 2025 ; c’est pourquoi il a été décidé d’accorder une aide supplémentaire aux exploitations élevant des vaches laitières », – affirme le ministère.

Le ministère : ces objectifs ne sont pas contradictoires

Les organisations d’agriculteurs ayant publiquement déclaré que les modifications proposées s’accordaient difficilement avec la réduction de la charge administrative annoncée par le ministère, ce dernier rejette ces critiques.

Selon le ministère, l’augmentation des revenus des agriculteurs, la réduction de la charge administrative et une répartition plus ciblée des aides ne sont pas incompatibles entre elles.

« Compte tenu des ressources limitées, l’aide doit être concentrée là où les besoins sont les plus importants et où elle peut avoir le plus grand impact », – affirme le ministère dans sa réponse à « Agrobite ».

Ces arguments du ministère parviendront-ils à faire évoluer la position des organisations d’agriculteurs critiques ? C’est ce que l’on verra au fur et à mesure de la poursuite des délibérations sur les modifications du Plan stratégique.

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